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des Trois Pays

Longitude:    1° 87

Latitude:    50° 87

 

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L'église "Sainte Jeanne d'Arc" domine le  "Marais de Guînes"

situé dans une zone marécageuse séparant la plaine flamande des monts de l'Artois.

Le hameau fut naturellement rattaché au bourg de Guînes

Aujourd'hui, 450 familles y sont installées .

 

 

 

 

Le Marais de Guînes d’une superficie de 130 ha est une vaste cuvette marécageuse parcourue de chenaux et ponctuée de mares et étangs de chasse.  Il se caractérise par une absence de relief (Attitude variant autour de zéro) et a la particularité de recevoir les eaux venant des collines de l'Artois. Sa végétation est typique des milieux tourbeux alcalins.

 

Au début du XIX ème siècle, trois longs chemins, presque parallèles, s'étaient formés. Ils séparaient des "Bancs" de terre larges de deux cents mètres environ et étaient bordés de fossés.  Le banc Valois, l'une de ces routes, aujourd'hui classé "Départementale" relie la route de Calais (le long du canal) à la route d'Andres.

 

 

Dans la pratique, on a attribué  à ces trois rues le nom donné aux bancs de terre (1er Banc ou Banc Valois, 2e ou 3e Banc). Deux  Chemins perpendiculaires les reliaient (Les routes de la Commandance  et du Pont à vaches). 

En 1880, seul le Banc Valois (le chemin du premier Banc) était empierré. Il faut dire que l'accès au Marais de Guînes était difficile, les attelages rares. On circulait à pieds ou en barque. Ce n'est que 9 ans plus tard que le Marais sortira de son isolement avec la construction et l'installation de l'actuel Pont-levis qui enjambe le canal de Guînes - Calais.

 

 

Le Marais de Guînes n'a pas toujours existé... 

 

Un peu d'Histoire...

 

 

- 4 500 à 2 500 ans avant notre ère

à la période sub-boréale , on assiste à une baisse du niveau de la mer (régression) pendant une période climatique plus froide. La plaine maritime tend à émerger et une abondante végétation de forêts marécageuses s'installe. Roseaux et carex se développent sur les rives. 

 

- 2000 ans avant notre ère, 

la plaine maritime flamande est constituée d'un manteau de tourbe recouvrant une forêt marécageuse. Cette plaine tourbeuse va par la suite être envahie par les eaux, au cours des transgressions maritimes (avancées lentes de la mer résultant de l'abaissement du continent et du tassement des terrains).

 

Après le retrait des eaux, on va assister au tassement de la tourbe recouverte par les sédiments marins. C'est le modelage du relief actuel. Entre collines d'Artois et plaine, une zone intermédiaire s'était formée (celles des Marais). Lorsque les conditions étaient favorables, la végétation se développait au-dessus du niveau de l'eau (c’est-à-dire au dessus du niveau de la nappe phréatique).

Le climat doux et pluvieux fut bénéfique au développement des mousses de la tourbière.

 

Au IVème siècle, 

la Mer du Nord recouvrait donc toute la plaine maritime  flamande et venait mourir au pied des collines d'Artois (transgression Dunkerque II). 

 

Vers 928, 

Sifrid le Danois échoue son drakkar devant Guînes après avoir traversé les basses terres recouvertes d'eau ... Son fils deviendra le 1er comte de Guînes.

 

Lentement la mer va se retirer et les moines installés à Andres (Abbaye Sainte Rotrude) et aux Attaques (Abbaye Sainte Marie) assainiront au fil des siècles {1096-1347} un maximum de terres pour les rendre cultivables ou utilisables. Les initiatives prises par le Comte de Guînes et ses vassaux puis l'œuvre des sociétés de Wateringues permirent de continuer les travaux entrepris par les moines. 

Le Marais de Guînes faisait partie des terres assainies. Digues, fossés, canaux, drains, tout sera fait pour évacuer l'eau mais aussi la retenir, pour conserver un équilibre naturel.

Ce sont les multiples activités pratiquées qui sont à l'origine de l'aspect actuel du paysage. Par exemple, les étangs  résultent de l'extraction de la tourbe, les fossés du drainage ayant permis d'assécher les terres pour y faire paître le bétail.

L'eau joua un grand rôle dans l'histoire du Marais. C'est surtout à la fin du XIXe siècle, sous l'impulsion de M. Boulanger, Député de la circonscription, que le Marais sortit de son isolement  avec l'installation du pont-levis au Banc Valois et  l'amélioration de l'assèchement  par Wateringues.  

 

L'église du Marais fut construite en 1877  et le Marais de Guînes fut érigé en paroisse en 1920

 

 

Jusqu'au milieu du siècle dernier... 

 

La vie dans les marais était rude; chacun connaissait son monde et il était rare qu'un " étranger" fut accepté. Malheur à celui qui osait pénétrer dans le Marais, la "tête haute" ou le "regard provocateur". Le fusil n'était pas loin pour chasser l'arrogant. Le Marais de Guînes, comme toute région isolée, vivait aussi avec ses propres règles basées sur la préservation du "clan", la protection de la famille, l'honneur et le travail.

 

 

Sur les bancs de terre, les habitants du Marais ont bâti leur logis, ont  exploité principalement la tourbe créant de nombreux plans d'eau dans les zones les plus basses. 

 

Les paysans  venaient faire paître le bétail sur les pâturages. Une partie de la population, peu nombreuse (en 1870, on comptait environ 400 âmes) vivait très pauvrement.

La plus ancienne bâtisse, murs en torchis et toit de chaume, aujourd'hui disparue.

Ancienne maison typique du Marais avec murs en torchis et soubassement peint en noir,...

 

Anecdote:

Dans les années 1930, certains boxeurs amateurs (renommés à Calais) osèrent même défier les plus vaillants "maraitiers". La boxe à mains nues , proscrite à l'époque, s'organisait sur une plate forme de fortune installée en catimini et en limite du Marais. Quelque soit le vainqueur, le combat se terminait toujours par un pugilat entre spectateurs.

 

 Aujourd'hui, tout a bien changé...

 

Depuis ces quarante dernières années, progressivement, des maisons furent  construites sur les deux premiers axes routiers et aujourd’hui, nous comptons environ 450 familles établies dans le Marais de Guînes. 

 

Avec l'augmentation de population et avec les moyens que l'on veut bien attribuer à un hameau, on étendit ou installa de façon souvent anarchique les réseaux câblés d'électricité et de téléphonie.

Le Chemin du 2e Banc fut élargi pour répondre à une plus grande intensité du trafic routier. Trottoirs et bordures sur les 1er et 2e Bancs n'ont pas amélioré le paysage...

Avec l'obligation de la mise aux normes européennes, un plan d'assainissement (tout à l'égout) vit le jour et des premiers travaux s'effectuèrent ici et là. Ce vaste chantier qui a transformé et transformera encore le Marais de Guînes laisse déjà certaines traces.  Il suffit de constater l'état de la chaussée du 2e Banc pour s'en convaincre.

Ces transformations, nécessaires donne un visage nouveau au hameau.

 

Aujourd'hui, les modes de vie ont changé et chacun semble bien souvent ignorer l'autre; les habitants ne se connaissent plus ou très peu et la vie du Marais disparaît peu à peu. Les activités professionnelles exercées en dehors du Marais, l'utilisation excessive de l'automobile, les rythmes de vie différents entrent pour une grande part dans les modifications des liens entre "Maraitiers". Toutes les activités familiales courantes se font maintenant en dehors du Marais et cela contribue à la disparition des relations de voisinage.

 

Les modes de vie et l'environnement se modifient au cours du temps; espérons que toutes ces transformations ne feront pas perdre au Marais les caractéristiques qui faisaient de lui un lieu agréable et paisible.

Les rues du Marais en images

 

Actuellement une partie du Marais est désormais préservée et reste singulièrement sauvage. La zone qui possède une flore et une faune riches et particulières pour le département, fait l'objet d'études et devient progressivement le domaine d'observation des amoureux de la Nature.

 

 

 

Aujourd'hui encore, l'eau fait partie intégrante du patrimoine du Marais de Guînes. L'entrée dans le hameau traduit cette caractéristique et l'ancien pont-levis enjambant le Canal de Guînes en est le digne représentant. La route qui le prolonge traverse le Marais.

 

Dans le cadre de la gestion du site, le maintien du pâturage extensif, la fauche, le curage des fossés permettent de conserver les prairies, les roselières, les étangs, les mares en état et de maintenir ainsi la biodiversité.

 

 

 

En savoir plus:

Histoire du Marais  

Le canal de Guînes - le Pont-levis -  l'assèchement des terres -  Le rôle de la tourbe - l'arbre généalogique de la famille Scy - l'enseignement - la découverte d'un trésor - Une pompe à eau aujourd'hui disparue

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La flore et la faune au Marais de Guînes 

sur le Site "Parc Opale"

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