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Guînes, le 22 Septembre 1938
Les Origines de la Paroisse du Marais
Par testament olographe du 15 février 1865, M. le chanoine Louis Bernard François Delannoy, doyen de Fauquembergues , léguait au titulaire de la cure de Guînes deux sommes d'argent, l'une de 15.000 francs pour construire une église dans la section du Marais de la Ville de Guînes, l'autre de 10.000 francs pour fournir un traitement au prêtre qui desservirait cette église avec cette réserve que, dans le cas où cette église serait pourvue d'un titre de chapelle vicariale,
le revenu de la somme de 10.000 francs serait affecté à la fondation perpétuelle d'une messe par semaine. Ces 2 sommes d'argent, en vertu du décret impérial du 14 Juillet I869 qui autorisait le curé et la Fabrique à les recevoir devaient être placées en rentes 3% sur l'État. Les droits de mutation, frais et honoraires dont on n'eut par suite des circonstances aucune justification réduiront à 13.000 francs les 15.000 francs légués pour l' église. Au 1er janvier I877, les intérêts
avaient porté les 13.000 francs à 13.960 Francs. C'est alors que Madame Veuve Roussel offrit de concéder gratuitement, si la construction de l'église avait lieu de son vivant, un terrain qui, par sa situation près de l’école et sur le seul chemin empierré du Marais et en outre par sa fermeté relative, avait une valeur exceptionnelle. L'acte de donation de ce terrain avait été signé le 17 septembre I876 devant Maître Level, notaire à Guînes. Le terrain comportait 10 ares 55
centiares avec une façade de 20 mètres au nord tenant au Banc Valois, limité vers levant par Mme Veuve Détant-Lecoustre, vers midi et vers couchant pour le surplus de la pièce réservée. C 'était la propriété des dames Roussel et Guilbert-Roussel qui la tenaient de M. Pierre Louis Roussel. La donation fut approuvée par M. le Préfet du Pas-de-Calais le I9 Mars 1877. Dès le 15 avril suivant, le Conseil de Fabrique prenait connaissance d'un devis établi par M. Lhotellier, agent voyer,
et portant la dépense à 23.000 francs. Pour arriver à cette somme, il votait 1.040 francs payables en 5 annuités et sollicitait de la commune un secours de 5.000 francs. Le 7 Mai 1877, par I8 voix contre 2, le Conseil municipal accordait la subvention de 5.000 francs demandée. Il avait tenu compte de l'âge avancé de Mme Roussel qui ne cédait gratuitement son terrain que si la construction de l'église commençait de son vivant. Il avait également pris en considération les besoins moraux et religieux des habitants du Marais. La population comptait alors environ 400 âmes. 50 enfants fréquentaient l'école. Depuis la mort de M. le chanoine Delannoy (6 Octobre 1865), elle n'avait pas cessé de réclamer son église. Déjà, à la date du I8 août I876, le Conseil de Fabrique avait adopté un devis estimatif établi par l'agent voyer cantonal, M.Lhotellier.
Le devis prévoyait une dépense de 23.000 francs répartie comme il suit:
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terrassement, pilotis et maçonnerie des fondations:4.138,18 francs
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maçonnerie: 8.119,80 francs
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enduit au ciment, plâtrage et plafonds :11592,78 francs
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charpente :l323 francs
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couverture, carrelage, plomberie et zinc : 4.002.78 francs
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menuiserie, serrurerie, ferronnerie, peinture et vitrerie : 2496,77 francs
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honoraires pour plans, surveillance et décompte des travaux(5%) : 1083,56 francs
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dépenses imprévues : 245, 13 francs
-Le cahier des charges, clauses et conditions générales établi à la même date que le devis estimatif, spécifiait que la construction serait mise en adjudication. Les adjudicataires devaient établir leur solvabilité et leur capacité et fournir un cautionnement en immeubles ou en argent égal au trentième de l'adjudication. L'adjudicataire paierait les frais d'adjudication. Il était tenu de se pourvoir de tout l'outillage nécessaire, de se
conformer strictement aux plans du projet, d'avoir un nombre suffisant d'ouvriers. Tous les matériaux employés seraient de première qualité et reçus avant emploi. Si l’administration ordonnait quelques modifications ou changements, l’entrepreneur serait tenu de se conformer à l'ordre reçu. Pour l'exécution du travail on lui accordait un délai de 2 ans et devrait garantir ses travaux pour un an. Les paiements seraient faits au fur et à mesure de l'avancement des travaux jusqu'à
concurrence des 9 dixièmes des travaux exécutés. Le dernier dixième ne serait payé qu'après le délai de garantie d'un an et la réception définitive des travaux aurait lieu dix mois après entier achèvement.
Parmi les conditions particulières, notons l'obligation d'employer les terres des terrassements en remblais dans l'église et aux alentours, l'établissement des fondations sur des pieux en chêne d'une longueur de 4m et une circonférence de 0,60 m au moins au milieu. Les pieux seraient à une distance de 0,80 m. Les têtes des pieux seraient reliées par des moises en orme de 0,20 m sur 0,12 m. Au dessus des moises, on établirait un béton de 1.60 m de
hauteur sur 1 m de largeur. Le poids de l'édifice devait être d'un million de kilogrammes alors que le soubassement pourrait porter un million huit cent vingt quatre mille kilogrammes. Le sable employé serait du sable fin sans terre; le mortier composé de deux cinquièmes de chaux vive et de trois cinquièmes de sable; les briques seraient des briques blanches de Dunkerque ou rouges de Merville, de première qualité, bien cuites et sonores. Les carreaux seraient des carreaux hydrauliques
mosaïques de première qualité. Les bois de la charpente seraient en sapin neuf rouge du nord ou en chêne du pays bien droits , sans aubier ni noeuds vicieux, les planches du plancher, de la couverture en bois blanc du pays de 0,027m d'épaisseur, les ardoises anglaises de 1ère qualité de 0,18m
sur 0,36m avec 4 à 5 mm d'épaisseur;
Des prescriptions minutieuses ,de même type, sont établies pour le plomb ,le zinc, le fer, le bois de menuiserie employés. Il en est de même pour les plafonds, la peinture, la vitrerie.
Pour éviter l'écartement des murs, on prévoyait à chaque contrefort un tirant en fer rond à l'intérieur de l'église, en fer plat dans la maçonnerie.
L'adjudication eut lieu le 3 septembre 1876. Y prirent part Benoît Tassart ,Haigneret, Gustave Démaret, Playe Hennequin, Ligny Pierru, Beaugrand
Hennequin.
Benoît Tassart emporta l'adjudication en offrant sur le devis un rabais de six vingt cinq pour cent. Il s'engagea aussitôt à commencer les travaux avant le 25 septembre, à terminer les fondations pour le 1er novembre, la maçonnerie et la couverture pour le 1er octobre 1877 et à, livrer l'édifice entièrement terminé pour le 1er septembre 1878.
Il y avait à compter:
164,90 m3 de terrassement, 13.44 m3 de bois de chêne pour pieux, 6. 50m3 d'orme, 154kg de boulons de fer, 131,33m3 de béton, 32,79m3 de maçonnerie au dessus du béton, 28m² de greneries en pierre de Stinkal, 0,32m3 de pierre de Stinkal pour le socle de la porte, 1,60m² de taille de pierre, 5 m² de pierre de Marquise pour la porte d'entrée et le tympan, 6.40m de marches à
l'entrée de la porte, un palier en pierre de stinkal de 2,50m sur 0,80m, 7m de marches en pierre à l'entrée du choeur ,290m² de maçonnerie de briques, 20m3 de supplément pour maçonnerie du clocher,80 m² d'enduit en ciment, 77 ,57m² d'enduit en ciment avec moulures, 340,29m² de plâtrage intérieur, 165,47m² de plafond;
une rosace en terre cuite de 1,90m de diamètre pour le portail, un balcon en terre cuite de 1,80m, 11,50m3 de sapin rouge et o,77m² de chêne pour charpente, 286 m² de couverture en ardoises anglaises et 18,88m² d’ardoises de sujétion, 50 kg de plomb, 141 kg de zinc, 121,18m² de carreaux mosaïques, 13,72m² de carreaux rouges;
une porte d’entrée, trois portes, deux autres portes, deux fenêtres et une porte pour la sacristie, 30,72m de plancher, 21 marches d'escalier de tribune avec contremarches, 21 marches d’escalier du clocher sans contremarches, 800m de plancher pour les archivoltes des plafonds;
600 kg de gros fer forgé pour tirants, 300 kg de fer de sujétion, 37,40m² de vitrerie montée au plomb.
Le 8 Juin 1877, M. le S/Préfet de Boulogne réclamait quelques modifications au projet. Il estimait qu'on donnait trop d'importance à la croisée du grenier et pas assez à la rosace, que le soubassement du clocher était trop élevé et l'étage du clocher trop bas, que le
choeur était un peu trop court, les croisées trop grandes, trop larges surtout, que le comble rabattu était d’un mauvais effet, se prêtant mal à l'arrangement de la voûte
intérieure (faire un pignon était préférable), que la voûte de la nef était un peu trop haut placée pour la solidité de la charpente, qu'il vaudrait mieux la faire descendre jusqu'à la naissance des cintres des croisées, qu'il faudrait descendre au moins de 0,50m les chaînes d'encrage afin de neutraliser les mouvements possibles.
On tint compte de ces observations. On diminua la croisée du grenier et on augmenta la rosace, on diminua de 0,30m le soubassement du clocher et on augmenta d'autant l'étage des cloches. Le
choeur fut allongé de 0,40m, la largeur des croisées réduite de 0,20m. 0n supprima le comble rabattu et on le remplaça par un pignon. Enfin on descendit la voûte jusqu’à la naissance des cintres des croisées.
Des acomptes successifs de 3.454,50 francs, 2.500 francs, 2000 francs, 6.000 francs, 2..000 francs, 2500 francs, 421,60 francs furent versés à l'entrepreneur, soit en tout 18.876,11 francs. On lui avait retenu 1/10ème pour garantie, soit 2.097,35 francs. Le cinq % de M. Lhotellier s’éleva à 1.015,84 francs. Finalement la dépense totale s’éleva à 21 332,64 francs.
Le dernier acompte était versé le 8 Mars 1879. ;Le procès verbal de réception définitive datait du 19 Octobre 1878.
La chapelle fut ouverte au culte en juillet 1879. 0n y célébra d'abord la Sainte messe les dimanches et les jours de fête d’obligation. Monseigneur l'Évêque, avait donné pour cela à Guînes un deuxième vicaire, M. l'abbé
Trollé.
Une souscription permit de fournir à la chapelle les choses nécessaires au culte. Mlle Zoé de Guizelin offrit une cloche dont le parrain et la marraine furent M. et Mme Gustave de
Guizelin.
Le Marais ne devait être érigé en paroisse qu'en 1920. Son premier curé fut M. l'abbé Coulombel.
Il a eu pour successeur, en 1927, M. l'abbé Marcel Deguînes
qui fut responsable de la paroisse jusqu'en 1947
Écrits de J.Biguet
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