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Retour dans le passé
Depuis de nombreuses années, nous trouvions au Marais de Guînes, deux groupes bien distincts au sein de l'équipe paroissiale.
Les personnes qui s'occupaient de la Catéchèse, aujourd'hui sous la responsabilité de Sœur Jeanne de l'institut Guizelin de Guînes.
L'Aumônerie a disparu faute de participants!
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Les personnes qui préparaient la liturgie (Messes des Dimanches et Jours de fête, Baptêmes, Enterrements). Mlle Solange Guilbert, pour son sérieux et son sens de l'organisation, en était la responsable.
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Tout s'articulait harmonieusement et les paroissiens semblaient s'accommoder de cette situation en un temps où la charge des abbés était de plus en plus importante. Nous étions en train de vivre progressivement la disparition des prêtres dans les paroisses d'origine et nous savions que le rôle des laïcs engagés serait de plus en plus important.
Avec l'absence de prêtre, on découvrit les ADAP le dimanche (Assemblée de chrétiens).
Plus tard, on dut accepter l'accueil des défunts dans l'église par les laïcs... Aujourd'hui, les enterrements sans prêtre sont systématiques dans la paroisse.
La mise en place de "Notre Dame des campagnes" et la responsabilité de celle-ci transmise à un seul prêtre devinrent très vite une réalité. Il fallut se rendre à l'évidence que de nombreuses activités viendraient à la
charge des laïcs. On parlait depuis longtemps de regroupements (Liturgies - Catéchèse) et des chrétiens engagés prirent des responsabilités, plus que d'autres... Certaines
personnes pensèrent même être investies d'une mission et voulurent imposer (veulent encore...), avec un certain manque de psychologie, il faut l'avouer, leurs idées et la conception qu'ils avaient d'une certaine Église.
La petite histoire...
Dans la paroisse du Marais de Guînes, en début d'année 2003, les choses semblèrent s'envenimer lorsqu'un paroissien de l'équipe des laïcs engagés, confronté à un sentiment de fatalité (disparition progressive des prêtres, enseignement du catéchisme difficile, présence de plus en plus réduite des paroissiens dans l'église et fermeture progressive de celle-ci, ...), posa deux problèmes matériels sans connaître l'importance qu'ils allaient prendre.
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Depuis la rénovation de l'église, en 1985, la croix de bois du chœur de l'église du Marais était sans Christ. Le paroissien proposait de faire don à notre église d'un Christ sculpté à la taille de la Croix en place qu'il avait d'ailleurs offerte à l'époque.
Lors de la dite rénovation, le Chemin de Croix original fut ôté de l'église et remisé dans le grenier de Mlle Solange Guilbert, paroissienne responsable. Celle-ci n'avait jamais prétendu rendre ce mobilier de culte qu'elle estimait inadapté au bâtiment rénové (l'église). Aucun prêtre ne parvînt à la faire changer d'avis...
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La proposition de faire don d'un Christ sculpté est exposée aux responsables
(laïcs et ecclésiastiques) de "Notre Dame des Campagnes" qui manifestent d'emblée leur désapprobation. La beauté de l'œuvre d'art ne se pose même pas... "Il serait dans
l'air du temps d'épurer les églises", en se référant plus ou moins bien aux conseils préconisés dans "Vatican II". A Notre Dame des Campagnes, on imposerait donc l'extrême simplicité dans
l'église du Marais; Certains laïcs engagés ne disent pas qu'il ne faut surtout pas toucher à l'église, on explique plutôt que Statues, Christ en croix et même miracles à Lourdes n'apportent nécessairement pas la foi.
On prétend qu'il faudra énormément de temps avant que les autorités diocésaines donnent leur accord pour mettre en place l'œuvre d'art ... Excédé par tant de tergiversations et par un interdit non fondé et annoncé à
demi-mot, notre paroissien installe d'autorité son Christ dans l'église, à la satisfaction de nombreux paroissiens et sous le courroux de qui vous savez... Il exprime son mécontentement en démissionnant de l'équipe paroissiale.
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Quelques jours plus tard, Mlle Solange Guilbert, responsable paroissiale décède à la suite d'une longue maladie. Sa disparition pose alors de façon urgente le problème du "Chemin de Croix". Il faudrait maintenant que ce dernier revienne à la paroisse avant qu'il ne disparaisse à
jamais (Mlle Solange n'a pas d'héritier direct !!! Le
chemin de croix est entreposé dans le grenier de sa propriété et peu de
personnes en ont connaissance... )
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Les personnes qui avaient tenté d'imposer leurs idées précédemment avant pris les devants. Le chemin de Croix avait été déménagé avec la plus grande discrétion
et sans le moindre ménagement dans un autre grenier de la région. On ne voulait surtout pas que notre "paroissien zélé" ait gain de cause une seconde fois. On fit savoir à qui voulait l'entendre, que le Chemin de Croix n'avait aucun intérêt, n'était que de vulgaires décalcomanies sur des morceaux de tôle... C'était sans compter sur
les anciens qui s'insurgèrent de voir ainsi bafouer le souvenir qu'il avait de leur enfance et de leur église. Les 14 Stations avaient une valeur sentimentale. On se moquait de savoir si elles étaient classées ou non.
Une pétition avait circulé dans le hameau et fut remise au responsable ecclésiastique. Notre paroissien exigea donc le retour du chemin de Croix (loi de 1905) et ce dernier atterrit avec surprise au Musée de Guînes.
Le Maire qui avait eu connaissance de l'affaire et qui ne voulait pas que s'alimentent les conflits de personnes décida la réinstallation du Chemin de Croix, après restauration des Stations, dans l'église Sainte Jeanne d'Arc au Marais.
Le
Responsable ecclésiastique s'y opposa formellement dans un courrier rédigé
par un laïc "éclairé". La réponse n'était pas inattendue et
indiquait à quel point l'influence de certaines personnes était importante...
L'abbé avait-il encore un pouvoir réel de décision?
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Le chemin de Croix était donc en attente. Des échanges de courriers
s'étaient effectués entre l'autorité ecclésiastique locale et Monsieur le Maire; le ton
avait monté, les propos se firent virulents et une solution amiable ne semblait plus possible.
A-t-on affaire à de véritables conflits
d'idées ou à des joutes sans "lendemain"?
Personne ne comprend les motivations d'un tel refus du prêtre. Ce dernier dispose, seul, d'une véritable autorité en matière de police et c'est heureux qu'il puisse interdire à un maire d'utiliser l'église ou son mobilier à des fins incompatibles avec le catholicisme. En est-il de même lorsque l'action vient des paroissiens ? Peut-il leur interdire de réaménager leur propre église afin de trouver le réconfort, de résister à la lente régression du
catholicisme.
Y a t'il deux poids, deux mesures?
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Pouvait-on, en 1985, lors de la rénovation de l'église, faire table rase de tout un passé et jeter, mettre à la ferraille ou faire disparaître avec plus ou moins de délicatesse tous les symboles de l'église traditionnelle?
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Peut-on aujourd'hui nous interdire de réagir face au monde actuel, au déclin apparent du catholicisme français en remettant dans l'église un mobilier de culte oublié, symbole du passé? Le Marais de Guînes ne doit pas "perdre une partie de son âme". Son identité fait référence avec force au catholicisme.
Début
2005,les travaux de restauration sont presque
achevés.
Les stations, réinsérées dans les cadres
d'origine, sont remisées dans un coin depuis quelques mois. Les responsables de la Mairie qui
avaient confié les tableaux ont oublié le problème. Les restaurateurs ne peuvent rendre un travail
inachevé ! (à qui, d'ailleurs, et pour en faire quoi?). Les autorités ecclésiastiques n'aborderont
plus jamais le problème...
A
l'origine de cette histoire, nous avions des tensions entre deux paroissiens qui
ne sont plus aujourd'hui engagés, un conflit de personnes qu'aucun
responsable ecclésiastique ne voulait et ne souhaite encore se voir élucider. Qui,
dans cette affaire, "perdrait la face"?
Les
seuls lésés, dans l'histoire, sont les paroissiens du Marais de Guînes qui
aimeraient que leur
église ouverte au culte qu'une dizaine d'heures par an renferme au moins ce
mobilier. Le
"Chemin de croix" du Marais est là, remisé. Avec le temps, qui se souviendra et qui osera
soulever de nouveau le problème?
Tombé
dans l'oubli, cet
objet de culte, payé avec les modestes contributions des paroissiens du Marais,
au début du siècle précédent, fera-t-il un
jour le bonheur des brocanteurs du coin? Nous
en avons bien peur.
Fin 2005, tous semblent oublier le différend.
Fin
2006, l'ancien Chemin de croix du Marais semble définitivement "mis au
placard". L'Abbé a réaffirmé les positions prises par son prédécesseur
... On ressent dans cette prise de position un blocage du clergé qui s'enferme
dans une attitude du passé et de fait en acceptera les conséquences même si cela
est préjudiciable.
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