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Guînes, une situation topographique particulière : 

Au nord, le territoire était délimité par un vaste marais tourbeux qui fut régulièrement envahi par les transgressions marines avant que le cordon littoral ne soit stabilisé. Au sud, les collines de l'arrière-pays constituent un vaste collecteur d'eaux de pluie que l'on voit resurgir en de nombreux puits artésiens.

Une petite rivière (la Ghisnervlet) recueillait ces eaux de source qu'elle évacuait vers la mer avec l'aide des réseaux de Watergangs. Depuis longtemps, l'homme voulait gagner son combat contre l'eau et avait aménagé le territoire pour arriver à ses fins.

 

Une voie d'eau stratégique:

La présence de l'eau servit dans un premier temps à des fins militaires. 

 

   On imagine aisément le drakkar de Sifrid le Danois s'aventurer, en 928, dans le lit de la rivière, au milieu des basses terres recouvertes d'eau. Il voulait atteindre et s'approprier Guînes, premier lieu dominant de la région.

 

   En 1540, les anglais utilisèrent le transport par voie d'eau afin d'amener les matériaux nécessaires au renforcement du château de Guînes.

 

   Plus tard, les protestants calaisiens empruntèrent les coches d'eau (Grandes barques pour emmener des voyageurs). Ces protestants venaient régulièrement assister à l'office du Temple de Guînes.

La rivière de Guînes devint rapidement une voie de transport de matériaux et marchandises en raison de l'isolement relatif de Calais.

 

De la rivière au canal?

La rivière de Guînes  fut aménagée, élargie à maintes reprises. Les  grands travaux de creusement qui en firent un canal avec chemins de halage datent de 1669, à l'époque de Louis XIV et sous le ministère de Colbert. Ce canal ne sera vraiment endigué qu'en 1740 pour empêcher les eaux de crue de se répandre alentour.

Très vite les boues vont envahir le cours d'eau et rendre difficile la circulation des embarcations nombreuses à l'époque. Et dès 1768, on fit remarquer la nécessité de curer la rivière d'une très grande utilité à cause du voisinage des carrières de Ferques et Landrethun, des mines de charbons de Fiennes et Hardinghem et des forêts de sa Majesté.

Le conseil de la commune demandera à maintes reprises le curage du canal. L'augmentation du trafic maritime et les inondations trop fréquentes de l'arrière-pays calaisien  le rendait indispensable.

En 1790, on ne paraissait pas encore s'être occupé de ce problème!

 

En Janvier 1849, on décida d'exécuter des travaux  pour l’élargissement du canal de Guînes. Des deux chemins de halage existants alors, celui de la rive droite, de Guînes à la Tournée d’Ardres fut négligé. Des emprises avaient eu lieu de la part des riverains. Comme il suffisait d’une seule pour barrer le chemin , on abandonna l'idée de le réaménager et on s’est habitué à ne se servir que du chemin de la rive gauche que l’on appelait alors la "Digue".

 

Vie Calaisienne /9/30/12/1911

Au XIX siècle, Le Canal de Calais joue un rôle essentiel bien qu'il ne soit pas longé par une route carrossable et malgré les communications difficiles entre Calais et Guînes.

Il y a presque deux cents ans ( vers 1811 !) , le chemin qui conduisait de Guînes à Calais, le long du canal était en fort mauvais état; le chemin ou plutôt une digue très étroite était impraticable pendant presque tout l'hiver.

Aussi le transport des voyageurs et des marchandises se faisait à peu près entièrement par eau.

 

Il y avait, le samedi, jour du principal marché de Calais, des bateaux couverts en toile, uniquement destinés à conduire les voyageurs de Guînes et des villages circonvoisins audit marché moyennant deux sous par personne .

Les frères Groest avaient fait construire une barque ou coche d'eau qui pouvait contenir environ 150 personnes et qui partait de Guînes tous les samedis à 8 heures du matin et repartait de Calais à 4 heures de l'après-midi .

Cette barque était divisée en deux parties; on payait dans la première "4 sous" et dans la seconde "2 sous" par personne.

Reproduction  d'un dessin de Syddell par J.Berrnaerd. 

Collection M. René Matte

 

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